La numérisation de la technologie médicale est essentielle pour la connectivité et l’intégration des données dans le continuum des soins. La technologie médicale numérique ne représente cependant qu’une partie de la solution. Susciter l’engouement des patients pour les inciter à accéder, utiliser et adhérer aux services et outils numériques de gestion de leur santé et de leur bien-être est essentiel pour une utilisation à 100 % de l’écosystème numérique de la santé.

Le rôle croissant de l’adhésion des patients

L’investissement dans une technologie médicale avancée donne aux professionnels de la santé et aux patients un accès à des services et des outils numériques qui facilitent le parcours du patient tout au long des soins, tout en leur permettant d’atteindre les objectifs de traitement. Les professionnels de la santé prennent des décisions en fonction des données de soins, améliorant ainsi les résultats pour leurs patients. Ces derniers jouent également un rôle important dans la gestion de leurs soins, notamment auto-administrés, en s’y investissant et en fixant leurs propres objectifs.

À l’heure où la gestion de soins connaît une transformation numérique, il est urgent d’axer davantage la technologie médicale sur les patients. Pour y parvenir, il faut définir une bonne stratégie d’adhésion.

Canaux d’engagement des patients pour les organisations de santé

L’engagement des patients dans un écosystème de santé axé sur les valeurs s’articule autour de la nécessité de communiquer avec eux à chaque étape de leur parcours médical. Pour y parvenir, les professionnels de la santé investissent dans des services et outils clés tels que la gestion des soins à distance, l’intervention pour des maladies chroniques, les programmes de conformité, les programmes d’éducation des patients et l’aide au bien-être. De plus, ils sont impliqués dans l’utilisation efficace des canaux traditionnels et numériques pour permettre aux nouveaux patients, réguliers ou de passage de demander une intervention préventive et réactive. Ils mettent l’accent sur l’administration de soins personnalisées et dynamiques à chaque patient, quel que soit le contexte. Ils présentent également des initiatives pour optimiser les efforts de gestion de la santé de la population par le biais d’un soutien spécifique et de relations médicales axées sur certaines valeurs. Les professionnels de la santé travaillent également à favoriser les tendances comportementales qui encouragent les patients à s’auto-administrer leurs soins de manière proactive.

Le but ultime de l’engagement des patients reste la satisfaction de ces derniers. Les professionnels de la santé prennent d’ailleurs de plus en plus en compte les facteurs non cliniques pour améliorer l’expérience des patients. Avec l’émergence des hôpitaux intelligents, on cherche à améliorer le bien-être des patients pendant leur séjour à l’hôpital et à obtenir des résultats dans trois domaines majeurs : l’efficacité opérationnelle, l’excellence clinique et une attention renforcée autour du patient. Les hôpitaux investissent dans l’automatisation des procédures professionnelles et améliorent leur conception globale pour satisfaire les patients, par exemple via des chambres et des services intelligents.

 

Résumé

Un écosystème de santé qui utilise la technologie intelligente pour instaurer une communication transparente entre les systèmes cliniques et non cliniques ; et qui s’appuie sur la technologie médicale numérique pour générer des informations exploitables favorisera l’engagement des patients, engendrant ainsi des possibilités infinies de soins axées sur les résultats.

 

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Jean-Charles Moczarski, responsable des marchés des Sciences de la Vie en France chez Enterprise Ireland, explique comment le Big Data façonne l’avenir de la MedTech.

La MedTech (les nouvelles technologies appliquées à la médecine) repose sur trois tendances clés : les données, les données et encore les données. Il y a les données collectées par les individus, qui génèrent elles-mêmes des données sur les populations. Ces données peuvent ensuite être analysées, étudiées et utilisées de différentes manières pour être exploitées.

D’ici 2030, les smartphones, les objets connectés portables et l’Internet des objets (IdO) feront très probablement partie intégrante de notre vie quotidienne. La quantité d’informations collectées par les utilisateurs sera sans précédent dans l’histoire de la recherche médicale et générera un volume inédit de Big Data.

 

Prévisions des résultats futurs en matière de santé

Certaines de ces données seront liées à notre style de vie, par exemple l’activité physique pratiquée, ou encore les bars et restaurants fréquentés. D’autres données seront collectées par des appareils, comme les dispositifs de contrôle de la tension ou de la fréquence cardiaque.

Lorsque l’on regroupe l’ensemble de ces données, on obtient un excellent aperçu de la santé d’une personne. En interprétant avec précision ces données, nous serons en mesure de prévoir les résultats de santé futurs. Les données n’ont que très peu de valeur si elles ne peuvent pas être interprétées. C’est pourquoi nous disposerons d’outils nous aidant à analyser ces dernières de différentes façons.

Grâce à ces données, les médecins pourront surveiller la santé de leurs patients. En outre, les médecins seront automatiquement prévenus en cas de problème. Si un médecin recommande à son patient de changer de régime ou de faire davantage d’exercice et que ce dernier ne suit pas ses recommandations, le médecin en sera averti. Il sera ainsi possible de se concentrer davantage sur la prévention et d’aider les patients à mieux suivre leur traitement.

Les analyses de données collectées à partir de populations entières viendront appuyer la médecine préventive puisque les chercheurs auront accès à davantage aux informations transmises par des millions de personnes pendant la quasi-totalité de leur vie.

 

Le rôle de l’Irlande dans le développement de la MedTech

L’Irlande a toutes les chances de tirer parti de ces avancées technologiques. En effet, l’Irlande est le deuxième exportateur de dispositifs médicaux avec plus de 300 sociétés spécialisées dans ce domaine. En outre, la plupart des grandes sociétés de technologie mondiales sont présentes en Irlande.

Voici quelques sociétés de MedTech irlandaises qui jouissent d’une renommée internationale.

La société irlandaise Aerogen a conçu des produits d’administration de médicament par aérosol de précision, plusieurs fois récompensés, qui sont utilisés dans plus de 75 pays à travers le monde.

L’application pour smartphone ONCOassist permet aux oncologues d’accéder, entre autres, à des dispositifs de traitement adjuvant, à des formules et à des outils de calcul de pronostic. Contrairement à de nombreuses applications, ONCOassist est classée comme dispositif médical et peut donc être intégrée au processus de prise de décisions médicales.

Leader dans le domaine de la conception, la conception créative et le conseil en innovation, la société irlandaise Dolmen collabore avec des industries très diverses, allant des objets connectés portables à la conception médicale. Ils ont conçu des produits, maintes fois récompensés, pour Cook MedicalPhilips et Soteira.

 

Collaborations entre les sciences de la vie et les technologies

La fusion entre le Big Pharma et les technologies accélère la prochaine révolution de la MedTech, un phénomène accentué par l’utilisation des données et des dispositifs médicaux par les entreprises de la Big Tech.

Des entreprises, comme Google et Amazon, ont déjà entamé une percée dans l’industrie pharmaceutique. En 2016, Google et le laboratoire pharmaceutique français Sanofi, tous deux présents en Irlande, ont annoncé la création de leur coentreprise dans laquelle ils ont investi 500 millions de dollars. Elle participera au développement de traitement pour les personnes atteintes de diabète.

L’alliance de Sanofi et Google illustre parfaitement les avantages que peuvent exploiter des entreprises complémentaires qui évoluent dans des secteurs cloisonnés. Dans le cas présent, l’une apporte son expertise clinique et l’autre son expérience dans les domaines de la miniaturisation de l’électronique, de l’analyse et du développement de logiciels grand public.

Dans le domaine de l’intelligence artificielle, Alexa, le système de reconnaissance vocale d’Amazon, est actuellement testé dans les hôpitaux américains pour assister les chirurgiens dans les blocs opératoires.

 

Les risques de la MedTech

Si les fusions entre industries sont pleines de promesses, il faut toutefois considérer les risques qui peuvent en découler. Les produits qui dépendent fortement des logiciels sont exposés aux cyberattaques, au piratage et aux pannes informatiques.

Pour évoluer dans l’ère du Big Data et profiter pleinement de ses avantages, nous devons garantir la sécurité de nos données et nous assurer qu’il est possible d’accéder aux traitements médicaux nécessaires en temps opportun.

Nova Leah est une start-up de cybersécurité irlandaise qui a su s’imposer sur le marché moins de deux ans après sa création.

Leurs produits novateurs garantissent une connexion sécurisée des dispositifs individuels aux réseaux des hôpitaux. Dans les grands hôpitaux, de nombreux appareils collectent en permanence des données qui sont ensuite téléchargées sur un serveur.

Si un seul de ces appareils présente une faille, celle-ci peut être exploitée par des pirates informatiques pour accéder aux données de l’appareil et dans certains cas, à l’ensemble du système de l’hôpital.

Le marché de la santé numérique devrait atteindre 379 milliards de dollars au cours des six prochaines années. L’Irlande est bien placée pour devenir un acteur majeur sur ce marché en croissance.

Des avancées significatives verront le jour dans plusieurs domaines de la médecine au cours des prochaines décennies, mais ces percées ne seront en rien comparables à l’influence globale et dominante des données, aussi bien sur le plan du Big Data que des petites données.

Donal Cummings, vice-président de la santé digitale et des Sciences de la Vie au bureau de Chicago d’Enterprise Ireland, décrit comment la santé digitale est supposée évoluer dans les années à venir.

 La technologie occupe une place de plus en plus importante dans les prestations et l’expérience de soins de santé à l’échelle internationale. Selon les spécialistes, le marché mondial de la santé digitale dépassera les 300 milliards d’euros d’ici 2024. Cette croissance sera essentiellement due au marché des États-Unis, qui pourrait représenter jusqu’à 122 milliards d’euros de la valeur totale.

Selon l’US Food and Drug Administration, la santé digitale est un terme générique regroupant « le rapprochement des individus, l’information, la technologie et la connectivité, en vue d’améliorer le domaine de la santé et ses résultats ». Le terme de santé digitale couvre tous les éléments, des technologies portables telles que Fitbit aux archives médicales électroniques, la télémédecine ou encore la génomique.

Certaines tendances prédominantes émergent, ce qui peut dicter la façon dont les services de santé seront prodigués à l’avenir.

Deux des tendances les plus captivantes sont la cybersécurité et la réalité augmentée (RA). La cybersécurité est en train de devenir une source de préoccupation au sein de l’industrie Medtech. Des inquiétudes relatives à la confidentialité des données sur la santé ainsi qu’à la numérisation de ces données sur plateforme ont généré une situation dans laquelle les organisations sont vulnérables aux cyberattaques.

Les attaques de rançongiciel se sont considérablement accrues, conduisant à des situations où un hacker extorque de l’argent en échange de données sur la santé qu’il avait préalablement volées. Cette cybermenace n’affecte pas uniquement les prestataires de santé. La montée de l’Internet des Objets fait surgir la crainte que les appareils médicaux soient également piratés. La nécessité de faire reculer ces menaces, parallèlement au besoin de conformité de la législation émergente, implique que la cybersécurité va devenir de plus en plus importante dans le secteur médical.

Deux entreprises irlandaises innovantes démontrent comment la technologie innovante permettra de dissiper ces craintes dans les années à venir.

La start-up irlandaise Nova Leah fut l’une des premières à aborder le problème, en développant le premier système de cybersécurité expert en évaluation des risques pour les dispositifs médicaux. Fondée et dirigée par l’experte internationale en la matière Anita Finnegan, au Dundalk Institute of Technology, Nova Leah propose une solution automatisée pour mettre en place et respecter les exigences relatives à la cybersécurité des portefeuilles de produits de dispositifs médicaux. Il existe de nombreuses opportunités pour de telles entreprises, qui permettent de limiter les risques réels et envisageables.

La réalité augmentée relevait autrefois de la science-fiction. Contrairement à sa célèbre cousine la réalité virtuelle (VR), qui offre une conception digitale d’un environnement réaliste, la RA permet l’assemblage d’éléments digitaux dans un environnement réel, comme l’a si bien prouvé le populaire Pokémon Go. L’entreprise de Dublin 3D4Medical a, depuis longtemps, reconnu le potentiel de la RA à refaçonner le secteur médical et met en œuvre de nombreux projets innovants, en collaborant étroitement avec un géant international de la technologie, lui permettant d’appliquer la RA à leur modèle anatomique complet. Le projet propose aux prestataires de santé des possibilités intéressantes pour transformer leur interaction avec les patients.

3D4Medical développe une technologie pour transposer les IRM d’un patient dans leurs modèles, ce qui permet aux médecins d’adapter le modèle augmenté aux caractéristiques propres du patient. Les développements sont en cours pour fournir une représentation visuelle des effets d’une maladie sur le corps humain.

L’industrie sera pourtant confrontée à certains défis. Le climat politique instable pose des obstacles évidents dans ce secteur hautement réglementé. Les entreprises doivent faire preuve d’agilité pour faire face à des entraves créées par la politique, des nouvelles réglementations aux accords de libre-échange modifiés.

Les développeurs de logiciels et les entrepreneurs, de Boston et de la Silicon Valley par exemple, pourvoient apparemment aux besoins de chaque niche. Inévitablement, les grandes entreprises sont prêtes à dominer le marché et le processus est déjà en marche. À travers les acquisitions et l’utilisation de ressources exceptionnelles, les technologies en place, les dispositifs médicaux, les compagnies d’assurance et les entreprises pharmaceutiques gagnent peu à peu des parts de marché. 10 % des entreprises du Fortune 500 sont de nouveaux entrants dans le secteur médical et de la santé digitale.

La numérisation de la santé représente une opportunité vitale. Il est communément admis que, dans le modèle américain actuel, les coûts de santé sont élevés, la couverture est incomplète et les résultats ne sont pas optimaux. La santé digitale offre l’opportunité d’y remédier.

Sheila O’Loughlin, conseillère senior chez Enterprise Ireland

Au cours des vingt dernières années, le secteur irlandais des technologies médicales a été des plus prospères et a su séduire investisseurs étrangers et fondateurs de start-ups. L’Irlande, qui regroupe plusieurs entreprises spécialisées dans ce même domaine, mais aussi dans l’industrie et la recherche, ainsi que des établissements cliniques et des agences gouvernementales, profite en effet d’une main d’œuvre extrêmement qualifiée.

Véritable leader, l’île d’Émeraude est rapidement devenue le deuxième plus important exportateur de technologies médicales en Europe, pour un total exceptionnel de plus de 12 milliards d’euros par an.

L’ouverture sur l’international a permis cette croissance rapide. Considéré autour du globe, comme faisant partie de l’un des 5 principaux centres névralgiques au monde du secteur des technologies médicales, l’écosystème des entreprises irlandaises innovantes de ce secteur sont notamment spécialisées en orthopédie, dans le traitement des maladies cardiovasculaires et dans les diagnostics, voire encore dans la recherche contractuelle et la conception.

Ce succès s’explique par une aptitude à l’innovation,à l’encouragement à la recherche et au développement, à l’existence de professionnels locaux renommés hors des frontières et une expertise avancée en création de produits.

Le siège de 13 des 15 entreprises les plus florissantes du secteur des technologies médicales se trouvent en Irlande, comme celui de Boston Scientific, de Medtronic et de Stryker. À celles-ci viennent s’ajouter des pointures émergentes comme Aerogen, Vitalograph et IMS Maxims.

Les sociétés irlandaises attirent également pour d’autres raisons, parmi lesquelles leur capacité d’adaptation, leur fiabilité et leur exploitation de procédés B2B très performants.

N’oublions pas non plus les géants comme Google, Microsoft et Facebook qui permettent au pays de se démarquer clairement dans la sphère des technologies.

À l’heure où les régulations sont toujours plus nombreuses, Les progrès techniques se multiplient et les coûts médicaux encore et encore continuent d’augmenter, l’innovation et l’entrepreneuriat sont des valeurs majeures.

Des initiatives favorisant la collaboration ont déjà été mises en place, comme le programme BioInnovate qui offre aux participants la possibilité de passer du temps avec des experts pour identifier les besoins et établir des solutions susceptibles de déboucher sur la création de start-ups. En outre, par le biais d’un partenariat avec la Mayo Clinic, Enterprise Ireland s’est fixé pour objectif l’essor, en Irlande, de 10 entreprises spin-out dérivées de 20 concepteurs américains clés.

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Au cours des vingt dernières années, l’Irlande s’est forgé une réputation de partenaire innovant dans le secteur des technologies médicales. Si le pays a rapidement acquis sa place parmi les meilleurs centres de développement de ces dernières dans le monde, il serait faux de croire qu’il s’agit d’un phénomène récent. Au contraire, les étapes cruciales du développement de certains des équipements essentiels les plus utilisés en médecine se sont déroulées là-bas.

Le stéthoscope moderne

Le docteur Arthur Leared est un peu le James Watt des stéthoscopes. Alors que le Français René Laennec est connu pour les avoir inventés, il s’agissait alors d’outils rudimentaires qui ressemblaient moins à l’appareil que nous connaissons aujourd’hui qu’aux cornets acoustiques d’aide auditive de l’époque. Afin de distinguer les divers types de souffle au cœur, il était nécessaire d’améliorer le dispositif, ce que les travaux du docteur Leared ont permis quelques décennies plus tard en rendant possible son emploi avec les deux oreilles. Les bruits environnants étaient atténués et les sons provenant d’une même source mieux perçus, ce qui améliora ainsi les auscultations et les diagnostics. Depuis lors, seules quelques modifications mineures ont été apportées au stéthoscope.

Les injections à la seringue

Les injections à la seringue sont désormais omniprésentes dans le milieu médical, mais n’ont vu le jour qu’en 1844, quand le docteur Francis Rynd, du Meath Hospital de Dublin, a administré « quinze graines d’acétate de morphine dissoutes dans une drachme de créosote » à une femme, dans quatre nerfs de son visage, selon un rapport présenté l’année suivante par le journal Dublin Medical Press.

La patiente du docteur Rynd souffrait de douleurs sévères du côté gauche du visage, si bien qu’elle était devenue dépendante à l’opium et en faisait usage plusieurs fois par jour dans l’espoir, vain, de les soulager. Après avoir décidé d’injecter de la morphine directement dans les nerfs à l’origine de la douleur, le docteur Rynd a conçu un trocart spécial destiné à pénétrer la peau, accompagné d’une canule pour administrer le médicament. Alors que la seringue n’existait pas encore, la solution a été diffusée lentement à travers cette même canule. Les efforts ont payé, puisque selon la patiente, le soulagement a été immédiat et durable.

Le concept du docteur Rynd a par la suite été amélioré, grâce à la mise au point d’aiguilles plus petites, de seringues à piston, et à l’ajout de mécanismes de sécurité supplémentaires. De nouvelles aiguilles et seringues continuent d’être développées aujourd’hui, dont une partie en Irlande, là où leur histoire a commencé.

Les avancées en radiothérapie

Au début du XXème siècle, alors que la radiothérapie devenait une méthode viable de traitement des tumeurs, une nouvelle question s’est posée : comment introduire des radioisotopes au cœur de celles-ci ? Le matériel radioactif devait être réceptionné et conditionné comme jamais les outils conventionnels n’avaient dû l’être. À cette fin, plusieurs instituts spécialisés dans le développement de protocoles cliniques et de sécurité ont été créés. Un des premiers et des plus grands était l’institut du radium de la Royal Dublin Society. Il a été fondé par John Joly, un scientifique irlandais spécialiste des domaines de la géologie, de la minéralogie et de la photographie en couleur. Également inventeur du calorimètre à vapeur, il a apporté la preuve que la Terre était plus ancienne que ce que l’on croyait jusqu’alors. En collaboration avec le docteur Walter Stevenson, John Joly a établi la méthode de Dublin afin d’introduire le radium dans des tumeurs profondes, une technique devenue par la suite une norme mondiale. Bien que de nombreuses nouvelles technologies et sources de rayonnement, comme les cyclotrons ou le technétium 99m, aient été élaborées depuis, une étape importante dans le domaine de la radiothérapie a pu être franchie grâce à ces deux précurseurs.

Le défibrillateur portable

Dans le domaine de la médecine d’urgence, le docteur Frank Pantridge de Belfast a révolutionné les soins en inventant le défibrillateur portable, via lequel les ambulanciers peuvent traiter les arythmies cardiaques. Même si les défibrillateurs externes existaient déjà, et que quelques hôpitaux avaient ouvert des services de cardiologie dans les années 1960, le docteur Pantridge a remarqué qu’en raison du temps de transport des patients, il était primordial de développer la pratique des soins sur place. Avec ses collaborateurs de la Royal Victoria Infirmary de Belfast, il a donc mis au point un défibrillateur alimenté par batterie de voiture et transportable. Volumineux et lourd, il fonctionnait toutefois et sauvait des vies. Inspiré par sa propre réussite, le docteur Pantridge est parvenu à réduire la taille de l’appareil, en utilisant un condensateur plutôt que des batteries pour fournir l’énergie électrique. En seulement trois ans, le poids du défibrillateur portable est passé de 70 à 3 kg. Désormais, presque toutes les ambulances du monde en sont équipées, et des versions externes sont disponibles dans les aéroports, les installations sportives et les autres lieux publics pour assurer la protection de la population.

Du stéthoscope au défibrillateur portable, les scientifiques et médecins irlandais ont élaboré des équipements médicaux dont la médecine moderne ne pourrait plus se passer. Alors que le secteur irlandais des technologies médicales semble récent, il ne fait en réalité que s’inscrire dans la lignée des inventions qui ont vu le jour en Irlande.

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Les vidéos de 3D4Medical sont tout simplement époustouflantes. En effet, une fonctionnalité spécifique permet de diviser un organe en plusieurs sections afin de les examiner ensuite chacune avec précision. L’entreprise irlandaise, spécialisée dans les technologies médicales, est devenue, grâce à la réalité mixte et augmentée, un précurseur au cours des trois dernières années.

Des investissements en recherche, développement et innovation ont permis au PDG visionnaire de 3D4Medical, John Moore, de clairement se démarquer en termes de santé connectée. Tout a commencé avec la vidéo « Project Esper: Mixed Reality Anatomy Learning », développée par l’entreprise en 2014 (n’hésitez pas à la découvrir par vous-même pour en savoir plus à ce sujet).

Une société à la pointe

Selon John Moore (auteur de tous les propos relevés dans cet article), « Nos solutions de réalité mixte et augmentée se basent sur des modèles 3D auxquels nous nous sommes dédiés corps et âme afin de nous assurer de leur réalisme et de leur grande précision ».

Les prouesses de 3D4Medical ont séduit des partenaires d’envergure à l’international, parmi lesquels la Mayo Clinic.

« Via un iPad, un utilisateur peut, par exemple, examiner un organe comme s’il était posé sur une table face à lui. Il est bien sûr seulement reproduit, mais vous avez l’impression d’être réellement en sa présence. »

Lorsque vous visionnez une vidéo de 3D4Medical, vous êtes frappé aussi bien par la technologie que par l’étendue des détails. Le fait de pouvoir étudier des parties internes du corps d’une façon aussi avancée est tout bonnement inédit. La dernière d’entre elles, nommée Complete Heart, s’articule autour de la représentation en 3D d’un cœur, la plus réaliste qui soit à l’heure actuelle. Plusieurs années et d’importantes ressources, aussi bien humaines que matérielles, ont été consacrées à ce projet. À elle seule, la modélisation fidèle du cœur a duré presque un an, celui-ci étant constitué de 100 parties.

3D4Medical fait partie de ces pionniers irlandais propulsés sur le marché mondial du fait de leur savoir-faire : « Les entreprises irlandaises spécialisées dans les technologies médicales sont aujourd’hui considérées comme faisant partie des meilleures au monde. Nous pouvons concurrencer n’importe quelle structure de la Silicon Valley, et collaborons étroitement avec des géants américains, en particulier avec Apple ».

L’innovation est, par ailleurs, un point crucial : « Le financement que nous avons reçu d’Enterprise Ireland nous a permis d’innover et d’atteindre un niveau  reconnu mondialement  probablement inaccessible autrement. Nous avons ainsi été reconnus pour notre leadership en la matière ».

Des économies et des optimisations

Pour les professionnels et les étudiants en médecine, les avantages de la réalité mixte et augmentée sont nombreux. Les étudiants peuvent visionner des interventions passées et l’enseignement ne doit plus se faire exclusivement de manière physique : « Vous pouvez virtuellement inciser et disséquer des organes. Les professeurs, quant à eux, peuvent enregistrer ce type d’intervention afin de le partager ensuite avec d’autres apprenants ».

D’un point de vue pédagogique, les attraits sont incontestables : « Les étudiants ne restent plus simplement assis dans un amphithéâtre. Ils peuvent se déplacer et étudier les spécimens en question sous divers angles ».

L’emploi de la réalité augmentée n’est pas qu’une source d’apprentissage ; elle est aussi synonyme d’économies substantielles : « La réalité augmentée peut remplacer les dissections sur cadavre, souvent onéreuses. Elles le sont moins quand de nombreuses personnes font don de leurs corps à la science, comme en Irlande, mais ce n’est pas le cas partout dans le monde ».

On peut cependant se poser la question suivante : une dissection virtuelle est-elle aussi précise ? Voilà ce qu’en dit le PDG de 3D4Medical : « Lorsque vous disséquez un cadavre, tous les organes sont évidemment à l’arrêt. Avec notre technologie Complete Heart, notamment, ce n’est pas le cas. Les utilisateurs peuvent effectivement inciser un organe toujours fonctionnel. Il leur est possible de détecter des endocardites, ou encore des excroissances au niveau des valves cardiaques. Ils peuvent aussi ralentir le fonctionnement des organes applicables afin de déterminer l’impact d’un problème sur le flux sanguin. Tout a lieu en temps réel, comme si le sujet était vivant ».

L’importance du matériel

L’apprentissage médical passe fréquemment par l’usage de livres onéreux et volumineux. Certains éditeurs de ces derniers ont, toutefois, remarqué les bénéfices de la technologie proposée par 3D4Medical et ont choisi de collaborer à la conception des programmes pour surmonter les risques d’obsolescence qu’ils encourent. La réalité augmentée et mixte nécessite également de faire appel à du nouveau matériel : « Les développeurs de logiciel, comme nous, dépendent des avancées techniques. Nous travaillons étroitement avec Apple, qui propose des fonctionnalités d’exception sur ses iPhone et iPad. Cela étant dit, on ne peut pas envisager qu’un chirurgien utilise une tablette au cours d’une intervention. Pour cette raison, la prochaine étape consiste à développer et à utiliser des lunettes de réalité mixte équipées de caméras et fournissant des indications au praticien ».

Les applications conçues par 3D4Medical seront prochainement intégrées aux lunettes intelligentes de Microsoft, les HoloLens : « Si des professeurs transmettent la vidéo d’une dissection ou d’une opération à des étudiants, ces derniers peuvent utiliser des HoloLens pour la visionner et entendre les explications de ces mêmes enseignants. Plusieurs élèves peuvent porter ces lunettes en même temps, dans la même pièce. Une application permettant tout cela sera mise à disposition au début de l’année ».

Un futur qui passe par la réalité augmentée et artificielle pour le secteur des technologies médicales

John Moore est certes quelqu’un qui anticipe, mais qui a aussi les pieds sur terre. Ce qui l’intéresse, ce sont des dispositifs qui existeront vraiment et qui sauront optimiser l’expérience des utilisateurs finaux, des étudiants, des professionnels et, in fine, des patients : « La réalité augmentée présente des avantages si elle débouche sur des innovations notables. Il existe bien trop d’offres survendues dont le potentiel est, au final, assez faible  ».

Selon lui, il ne faut pas non plus, par ailleurs, se limiter à la réalité augmentée, mais la combiner à l’intelligence artificielle : « C’est ça, le futur. Lorsqu’un chirurgien portant des lunettes de réalité mixte effectuera une incision ou examinera une plaie ouverte, celles-ci reconnaîtront de quoi il s’agit : de l’aorte, d’une veine ou d’un nerf. Il saura ainsi s’il faut ou non réaliser telle ou telle action, et exactement ce qu’il voit ».

Tout cela peut sembler encore bien abstrait, mais les résultats positifs sont immédiats : « Au cours de certaines opérations, un volume important de sang ou de liquide cérébro-spinal peut se propager. Ceci entraîne des risques, car le chirurgien peut alors rencontrer de sérieuses difficultés pour distinguer clairement les organes qu’il traite. C’est là que l’on remarque l’utilité de lunettes qui vous permettent de voir le corps du patient en 3D, ainsi que d’obtenir diverses informations. Grâce à cela, le sectionnement accidentel de nerfs vitaux ou l’endommagement de tissus n’est plus à craindre ».

Conclusion : avec 3D4Medical, tout le monde y gagne et la sécurité est grandement améliorée.