Construction : point sur le secteur du BTP en Europe
Construction : point sur le secteur du BTP en Europe
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L’Europe et le secteur de la construction

D’après l’Association of European Experts in Building and Construction (AEEBC), l’Europe a dû faire face à un manque de main d’œuvre spécialisée suite à la crise économique de 2008 qui a conduit de nombreuses personnes à quitter le secteur du BTP. Les plans de reprise qui en ont découlé ont, d’ailleurs, encore plus accentué ce problème.

« La reprise a bien eu lieu en Europe du Nord, mais le manque de main d’œuvre a continué à s’y faire durement sentir », indique Martin Russell-Croucher, directeur général de l’AEEBC, inspecteur/spécialiste de l’environnement agréé et auteur de tous les propos relevés dans cet article. « C’est pourquoi, dans certains pays, comme l’Italie et l’Espagne, l’effondrement du secteur de la construction a incité des professionnels à migrer vers cette région, là où des opportunités de travail existaient ».

« Alors que des états comme l’Allemagne sont devenus particulièrement attractifs, des problèmes se posent en termes de langue et d’expertise », ajoute-t-il. « En outre, car le fait d’employer ces individus est généralement moins coûteux, ceci a une incidence négative sur le pays concerné. Ses habitants ne sont plus considérés en priorité par le marché du travail en raison des frais plus élevés encourus. C’est notamment le cas au Danemark. »

Des régions plus touchées que d’autres

« Le manque de main d’œuvre spécialisée se fait sentir depuis plus de deux ans maintenant. Certaines régions sont plus touchées que d’autres, comme Londres et le sud-est de l’Angleterre où de nombreux chantiers ont été entrepris au cours des dernières années. Les travailleurs ont déserté, et les opportunités se sont donc réduites pour les entreprises. »

« Tout le continent est cela dit concerné, d’autant que les départs à la retraite, dans le secteur, sont partout plus fréquents que les arrivées. »

« La France l’est certes dans une moindre mesure car elle parvient toujours à être attractive. L’Allemagne, quant à elle, est en plein boom et engage le personnel dont elle a besoin hors de ses frontières. »

« Les Pays-Bas, par contre, rencontrent des difficultés qui persistent. Ceci est probablement dû au fait qu’il s’agisse d’un marché de petite taille. »

« Enfin, quelle que soit le pays, les employeurs comptent peu de salariés parfaitement familiers avec la modélisation des données du bâtiment (ou « BIM »), alors qu’il s’agit aujourd’hui d’un point crucial pour l’avenir. »

Les implications du Brexit

Une récente étude conduite par la Home Builders Federation britannique a révélé qu’un nombre important de travailleurs européens, étrangers, avaient contribué à la construction de logements au Royaume-Uni. « Suite au Brexit, il est essentiel que ce pays puisse continuer à avoir accès à une main d’œuvre qualifiée s’il souhaite prospérer dans ce domaine. »

L’AEEBC estime cependant qu’on ne peut pas non plus parler de crise majeure. « Les gouvernements tentent d’augmenter le nombre de citoyens nationaux exerçant dans le secteur, cela prend effectivement du temps, mais n’oublions pas qu’il faut former ces derniers et que la construction n’est pas le marché qui attire le plus en termes de carrière. D’autre part, la situation est préoccupante pour le Royaume-Uni, mais principalement car le Brexit a apporté cette part d’incertitudes. »

« Le gouvernement britannique encourage les formations, mais les changements apportés au système de financement lié constituent des obstacles. De toutes les façons, cette pénurie ne peut pas être enrayée en quelques mois ; plusieurs années sont nécessaires pour apprendre un métier. »

Parce qu’il existe peu de candidats, il n’est pas simple du tout, pour les recruteurs, de trouver des personnes réellement qualifiées.

« Les formations sont une bonne chose. Par contre, lorsque vous êtes à votre compte, vous devez consacrer du temps au candidat, ce qui réduit votre efficacité et peut entraîner des pertes d’argent. Vous n’avez donc pas forcément envie de jouer ce rôle. »

« Fini le temps où l’on pouvait se permettre de préparer soi-même ses successeurs ou ses nouvelles recrues : ce n’est plus viable financièrement parlant. »

Un environnement de travail difficile

Afin d’accroître la main d’œuvre, on tente aussi de faire la promotion du secteur de la construction auprès des femmes.

« En compter davantage serait très positif, mais elles ne sont pas vraiment attirées : il s’agit d’un environnement difficile, instable et où la sécurité de l’emploi est limitée. »

Il est néanmoins possible de compenser ces inconvénients. Comme le pense Anastasios Koutsogiannis de GenieBelt (une entreprise qui a conçu une application dédiée à la gestion de projet), l’intégration d’outils numériques au processus de construction pourrait aller de pair, notamment, avec une plus grande transparence, une meilleure répartition des ressources humaines et une productivité boostée.

L’attrait du salaire quelle que soit sa nationalité

« Le meilleur recruteur reste encore l’argent. Si l’on vous assure un bon salaire, vous acceptez les éventuels points négatifs. Il y a quelques années, il a été rapporté que les électriciens qui travaillaient à la construction du terminal 5 de l’aéroport d’Heathrow étaient très bien payés, à hauteur de 60 000 ou 70 000 £ environ. Le nombre de candidatures à ce poste a alors rapidement atteint des sommets. »

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